Dany-Salomé Gillis : de l’or dans les doigts !
Dany-Salomé porte les cheveux longs, un tatouage mystérieux au bras droit et une bague ornée d’une pierre chatoyante. Loin d’être un ex « yéyé », Dany vit presque de façon monastique. Dans son atelier, une simple pièce revêtue d’un lambris de bois, il réalise des oeuvres intemporelles dans lesquelles l’or se mélange à force de minutie et de patience à l’œuf et aux pigments : sienne calciné, ocre, rouge, noir d’ivoire, blanc de titane …..
Vous l’aurez peut-être deviné, Dany peint des icônes à l’image de ces moines qui pouvaient passer une vie sur une seule oeuvre. Epoque moderne oblige, Dany à plusieurs peintures a son actif. Chacune lui demande plus de 300 à 400 couches de peintures et en moyenne 150 heures de travail !
Rien ne le destinait pourtant au départ à pratiquer cet art si minutieux, proche de l’ascèse, dans lequel l’artiste côtoie le sacré. Qu’on en juge !
Né à Drancy dans une famille originaire du Nord de la France, Dany découvre l’Allier quant ses parents achètent une résidence secondaire à Chavroches (au Sud de Jaligny sur Besbre). Par la suite dans les années 70, il découvrira le monde comme steward sur la compagnie UTA. Sydney, Hong Kong et Singapour lui deviennent des villes familières ; bien avant le tourisme de masse qui allait banaliser ces destinations exotiques……
Après ces beaux voyages, comme Ulysse en son temps, Dany s’installera à Moulins, près de la maison de Chavroches. Gestionnaire de restaurant scolaire, Dany connaît une vie paisible dans les années 80. Marié et père de 3 enfants, il s’intéresse de plus en plus aux choses de la vie, à la nature et à ses raisons. Aujourd’hui encore le souvenir de son grand père sourcier et du jour où, enfant, il a senti, guidé par son aïeul, son bâton de sourcier se tordre dans ses mains, est très vivace. Dany aime deviner ces énergies qui vont au delà de la matière. En 1993 il s’installe à Montluçon comme radiesthésiste. Gonflé ! Il s’en tire plutôt bien mais des problèmes familiaux viendront perturber son chemin de vie. Il trouvera une écoute et une attention du coté d’amis orthodoxes qui l’accompagneront dans sa nouvelle voie. Dany fait son baptême en 1989 au monastère orthodoxe de St Michel du Var à l’Orgue (83). Guidé par sa marraine Russe, et surtout peintre, il s’initie à la réalisation des icones tout en suivant parallèlement des études de théologie orthodoxe.
Dans son art Dany appartient à l’école de Kiev qui domine la discipline entre le 12 ème et le 16 ème siècle : corps taillés à la serpe, dépouillement extrême et positions hiératiques en sont les traits marquants.
L’icône, aujourd’hui tout autant qu’hier, est une école de patience et d’humilité. Sept grandes étapes marquent la réalisation d’une icône : la découpe du bois (plutôt du tilleul car il se ne déforme ni n’éclate), l’entoilage, l’enduction (ou « levkas » dont les ingrédients sont la poudre d’albâtre, l’eau, l’huile et la colle de peau de lapin), la pose des feuilles d’or, le ponçage, la reproduction d’un modèle ou une création et enfin la peinture proprement dite ( qui compte 5 phases) sans compter les erreurs qu’il faut effacer et reprendre …..